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Exclusion d’étudiants à l’Université de Koudougou, pas de recours

 

Le président de l’Université de Koudougou, Bila Gérard Segda, entouré de ses collaborateurs et de certains leaders d’opinion, a animé une conférence de presse autour du sujet brûlant de l’exclusion des 14 étudiants de l’université de Koudougou. Les peines : des exclusions pour cinq (05) ans, des exclusions définitives et des sessions invalidées. Devant les journalistes, le président de l’UK a été on ne peut plus clair : Pas questions de revenir sur ces sanctions ; car, selon les termes  du décret du 24 juillet 2012, aucun recours n’est possible.

 Le Présidium avec à gauche le SG de la région, Laurent Lamine Traoré venu représenter le gouverneur du Centre Ouest

 

 Au terme de la délibération du 03 octobre 2012 du conseil de discipline de l’université de Koudougou, les sanctions infligées aux étudiants sont de trois ordres et concernent 16 étudiants. Huit (08) étudiants reconnus coupables d’attitudes de nature à compromettre l’action pédagogique et participation active au boycott des activités pédagogiques et des évaluations, écopent de 05 ans d’interdiction d’inscription et de subir des examens dans tous les établissements de l’Université de Koudougou. Par ailleurs, leurs sessions de l’année 2011-2012 sont annulées. Six (06) étudiants, en plus de leurs sessions de 2011-2012 annulées, sont définitivement exclus de tous les établissements d’enseignement supérieur publics et privés du Burkina Faso. Le conseil de discipline soutient que ces étudiants sont coupables de sévices moraux et physiques exercés contre un tiers, agression et violence sur un enseignant et étudiants et d’attitudes de nature à compromettre l’action pédagogique. Aussi, leur reproche-t-on leur participation active au boycott des activités pédagogiques et des évaluations. Deux (02) autres étudiants voient leurs résultats de la première session 2011-2012 annulés.

Dans sa déclaration liminaire, le président de l’université de Koudougou a rappelé les motifs qui ont prévalu à la tenue du conseil de discipline et les actes de violence reprochés aux étudiants incriminés. Et ‘’Face à de tels actes intolérables dans le cadre universitaire, j’ai instruit les différentes instances de l’université de statuer sur la situation’’ a reconnu Gérard Segda. Il affirme que les étudiants n’ont pas été sanctionnés simplement pour fait de grève, mais pour des manquements graves à la discipline et aux franchises universitaires. Selon le président de l’UK, les décisions du conseil de discipline sont sans appel.

Les échanges avec les journalistes ont été passionnés. Le Président de l’UK faisant souvent preuve de désinvolture ou d’humeur, devant certaines questions des journalistes. Comme celle relative à une réaction de l’ANEB et les risques de trouble à l’ordre public que cela peut engendrer. ‘’En toute honnêteté, je ne pense pas. Ce n’est pas l’ANEB qui a été sanctionnée. Au contraire, cette décision du conseil de discipline va calmer la situation. On a instruit l’ANEB de s’excuser auprès de l’UFR/LSH pour avoir initié des actions qui ont dérivé et auprès des étudiants et du professeur qui ont été violentés. C’est une affaire strictement académique. Nous avions décidé de communiquer avec vous  afin que l’opinion ait un autre son de cloche. Il y a eu des actes d’indiscipline, ainsi que de la violence au campus. C’est ce que nous avons sanctionné. Aucune communauté ne doit tolérer la violence au sein d’une université. Je dirige cette université et j’entends y appliquer et faire respecter les normes internationales d’une université’’, s’est montré optimiste Bila Gérard Segda. Comment ont été identifiés les coupables ? Y a-t-il pas risque de n’avoir pas identifié les vrais coupables et d’avoir sanctionné des innocents ? M ; Segda a dit qu’au contraire, l’erreur que le conseil a pu commettre, c’est de n’avoir pas pu identifier tous les coupables. Très ferme, le président de l’UK soutient : ‘’Qu’importe la manière. Sur les coupables, on ne s’est pas trompé. On s’est peut-être trompé de n’avoir pas pu mettre la main sur tous ceux qui sont impliqués. Ils auraient été 200 qu’on les aurait appliqués les mêmes sanctions. Si nous n’appliquons pas les textes, ce n’est pas normal dans l’esprit même des franchises universitaire où nul ne doit imposer ses convictions par la violence’’. Pour lui, si on n’est pas solidaire pour dire non à la violence à l’université, on sera complice de lendemains désenchanteurs.

 

 l’UGEB décrète une grève nationale voire plus


Francis Nikièma, ex-président de l’ANEB paie-t-il son engagement au sein de cette association et ses houleux échanges avec l’ancien ministre des enseignements secondaire et supérieur, Albert Ouédraogo ? N’Y a-t-il pas de risque de faire de lui un martyr ? Non, répond Segda. Pour lui, c’est Francis qui a été l’instigateur de la violence sur le professeur Oubda et il aurait soutenu ne rien regretter. Quel recours ont les sanctionnés ? Et si des personnes ressources tentaient une médiation pour faire lever les sanctions, ou tout au moins, les alléger ? ‘’On ne revient sur rien ! La délibération est sans appel’’, a martelé Bila Gérard Segda, se référant au décret du 24 juillet 2012 portant régime applicable aux étudiants et aux candidats aux examens et concours organisés par les universités publiques du Burkina Faso. Pour lui, le campus respire le calme et les activités académiques se poursuivent normalement. Un calme précaire ? Les prochains jours nous situeront. Mais déjà, hier, nous avions joint un responsable de l’ANEB Koudougou qui nous a confié que l’Union Générale des Etudiants du Burkina (UGEB) lance un mot d’ordre de grève demain jeudi 11 octobre 2012 pour protester contre la décision du président de l’UK d’exclure 14 de leurs camarades de l’université de Koudougou et de celles du Burkina Faso. Cette grève de l’UGEB, selon notre interlocuteur, concerne non seulement les étudiants du Burkian Faso mais aussi ceux  d’autres pays tels que le Maroc, le Sénégal, la France… Du reste, une déclaration sera bientôt publiée par l’UGEB. Quant à l’ANEB Koudougou, elle tient une assemblée générale sur la question ce mercredi à 15h à l’amphi 1000 places.

 



10/10/2012
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