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suspension du maire de koudougou Seydou Zagré

Windyam Jacques Yaméogo, Propriétaire du verger litigieux :

"Je suppose que c’est parce que le maire a mal fait son travail que le gouvernement a pris cette décision. Je ne peux pas dire que c’est bien ou pas. Mais je sais que cette décision a été prise à cause du litige portant sur mon verger. Le gouvernement a décidé d’annuler la décision d’attribution et de transformer mon verger en un espace d’utilité publique. Je suis un citoyen et je ne peux pas aller à l’encontre d’une telle mesure. Mais, j’attends seulement que le gouvernement prenne des dispositions pour que je ne sois pas lésé. C'est-à-dire me dédommager financièrement et en parcelles pour moi et ma famille. Je souhaite qu’on réévalue la valeur de mon verger, en tenant compte des nouveaux barèmes. L’évaluation faite sur la production par le CRPA en 1994 et celle faite par l’environnement en 2003 l’ont été sur la base d’un barème d’avant-dévaluation. Déjà en 1994, l’évaluation de la seule production, que j’avais fait faire par le CRPA, donnait douze millions de rente par an.

J’avais appris que le gouvernement enverra des émissaires pour échanges avec moi. Si cela est vrai, j’apprécie positivement cette initiative, car elle va nous permettre d’aboutir à un consensus afin que je ne sois pas lésé. Dans toute cette histoire, c’est parce que j’étais victime d’injustice que j’ai porté l’affaire devant les tribunaux puis sur la place publique par médias interposés. Franchement, je remercie le gouvernement pour avoir compris qu’il y a eu faute et qu’on voulait faire la force à un pauvre vieux en lui spoliant  son bien. Je remercie aussi les médias et tout le peuple burkinabè qui ont entendu mon cri de détresse, qui m’ont compris et qui m’ont soutenu. Je souhaite vraiment une résolution juste et concertée de cette affaire".

 

Adama Ouédraogo, président du groupe municipal UNDD :

"C’est dommage que nous en soyions arrivé à une telle prise de décision, mais il faut reconnaître  que le MATD a bien fait de donner raison à la population de Koudougou dans son ensemble et au peuple burkinabè tout entier. Désormais, tous les maires savent qu’il faut consulter le conseil municipal avant de demander le déclassement d’un terrain. Nous avons, à maintes reprises, attiré l’attention du maire sur le manque de dialogue, mais hélas ! La fonction de maire ne devrait pas être une activité secondaire compte tenu de l’immensité des défis de la décentralisation. J’espère que M. Alexis M’Bi Yaméogo, qui assumera la relève dans cette phase transitoire, saura mettre tous les contribuables et les conseillers municipaux en confiance malgré le peu de temps qui nous reste. Il faut signaler que le problème du verger n’est que la face visible de l’iceberg. Je citerai seulement le cas de la place de la Nation que le maire avait tenté de vendre à un opérateur économique. Des problèmes de gestion administrative et de gouvernance, il y en a beaucoup. Comme dans de telles circonstances, l’inspection d’Etat fait des enquêtes, si nous sommes approchés, nous dirons notre part de vérité, sans esprit partisan. Il faut que nos camarades du groupe municipal CDP se solidarisent avec nous pour qu’ensemble, de façon consensuelle, on puisse construire Koudougou".

 

Yveric Steven Tenwendé Zongo, étudiant UFR/SEG :

"Je vois que c’est une affaire de parcelles (encore) qui a mis le feu aux poudres. Cela nous interpelle afin que nous penchions sur les attributions et les fonctions de maire. A mon avis, un maire est là pour servir les intérêts de la commune et tout faire pour améliorer les conditions de vie de sa population. Mais on se rend compte que la fonction de maire est une source d’accumulation de richesses illicites, notamment par la mainmise sur le juteux circuit des parcelles, se transformant en pourvoyeur de parcelles pour ses proches et amis politiques. Toutes choses qui sont des sources de troubles dans la cité. Par ailleurs, je pense que le gouvernement aurait dû se pencher beaucoup plus tôt sur non seulement le cas de Koudougou, mais aussi sur le cas de beaucoup d’autres communes où les mêmes systèmes règnent. En outre, il serait bon pour le gouvernement d’initier des audits sur la gestion des communes pour éviter la mauvaise gestion du peu de ressources dont nous disposons. Je propose aussi qu’avant l’entame de son mandat, on oblige les maires à déclarer tous leurs biens ; de sorte qu’ils soient moins tentés de s’enrichir de la chose publique. Pour finir, je vois que ce gouvernement est soucieux de rétablir l’équité sociale, car ce genre de décisions, de par le passé, n’aurait pas été prises. Il faut que le gouvernement, pour ce qui est du maire de Koudougou, passe vite le cap de suspension, pour prendre des sanctions très dissuasives".

 

Adolphe Bonkoungou, instituteur à Salbisgo :

"J’ai été naturellement satisfait de la décision du gouvernement de suspendre temporairement le maire de Koudougou pour faute grave parce que la loi doit s’appliquer à tout le monde. Surtout lorsqu’on se rend coupable d’erreurs aussi grossières assimilables à de hautes corruptions. De plus, cette sanction doit rappeler à tout élu son devoir à défendre les intérêts du peuple dont il est le serviteur et non le bourreau. Le peuple doit rester vigilant pour qu’aucune brebis galeuse ne puisse plus nuire longtemps. En plus, nous devons aider notre justice à grandir et à devenir forte pour qu’aucun tricheur ne reste plus impuni. J’ose croire que cette sanction ne sera pas juste administrative, mais que la justice pourrait situer les responsabilités, condamner les éventuels coupables et rétablir les victimes dans leurs droits".

 

Bernard Kaboré, commerçant au grand marché de Koudougou :

"Cette décision a mis du temps. Depuis que l’information est tombée, j’ai ressenti de la satisfaction. Dans la vie, il ne faut jamais faire la force jusqu’à un degré aussi élevé. Ce maire est venu distribuer les zones réservées à ses proches. Ces zones qu’il est venu trouver, il se permet de les partager à sa guise. Renseignez-vous, vous verrez combien de réserves ont disparu durant son mandat. On ne lui demandait pas de miracles. Seulement d’être à l’écoute de sa population. Mais le maire, Seydou Zagré, faisait ce qui lui plaisait au grand dam de ses collaborateurs et de ses administrés. Le fait de résider hors de Koudougou l’a déconnecté de sa base. Hormis le verger, il avait déjà octroyé la plus grande place publique à un de ses amis opérateurs économiques. Heureusement qu’à l’époque, la population s’est opposée. Seydou Zagré s’est bien sucré à Koudougou. J’attends sa révocation et les autres procédures".

 

Seydou Bagué, commerçant au grand marché :

"Nous ne voulons plus de Seydou Zagré à la tête de notre commune. Ce monsieur nous a trop fatigués. Mon vœu, c’est qu’au-delà de la suspension, il soit révoqué et qu’il réponde de ses actes devant la justice. Je remercie la presse sans laquelle beaucoup de choses resteront impunies dans ce pays. Ce maire nous a fait voir de toutes les couleurs, au grand marché. Dans la ville, vous ne verrez rien comme réalisation durant son mandat alors qu’il a beaucoup détruit. Révoquer ce maire est une épine en moins pour notre ville".

 

 

Mme Korotimi Sawadogo/Kaboré, commerçante au grand marché :

"A mon avis, nul n’est infaillible. Je pense qu’on devrait lui faire des reproches afin qu’il change sa manière de faire. Je souhaite que le maire Seydou Zagré et ses supérieurs s’entendent. Personnellement, je n’ai rien à lui reprocher. Mais apparemment, ses supérieurs administratifs ne sont pas du même avis que moi. Si sa faute est encore pardonnable et que la population est d’accord, qu’on lui permette de revenir après sa suspension".

 

 

 

Daouda Ouédraogo, infirmier breveté au CSPS du secteur n°5 :

"C’est quelle faute grave ? Est-ce que cette suspension est une sanction à la hauteur de la faute ? Ce sont des questions que je me pose. Du reste, je me réjouis. Pas parce que le maire est suspendu, mais parce qu’une faute a été punie. J’estime que le pouvoir de la 4e république est en train d’amorcer un changement dans la gouvernance que je salue. Si toutes les fautes, à tous les niveaux, sont punies, ça sera bien pour l’intérêt général de la nation".

 

 

 

Vincent Yaméogo, inspecteur de l’enseignement du 1er degré et conseiller municipal du CDP :

"Je voudrais tout d’abord remercier le gouvernement pour cette décision prise. Il y a longtemps que nous l’attendions. Depuis que nous avons été installés en 2006, le maire a toujours travaillé seul. Aucun conseiller du parti n’est associé. Il est responsable de ce qui lui arrive aujourd’hui. Cette suspension est salutaire, car elle va redorer le blason de notre parti à Koudougou. Les gens pensaient que c’est uniquement l’opposition qu’on pouvait sanctionner. Je souhaite que la procédure suive son cours normal et qu’effectivement, des sanctions, encore plus rigoureuses, tombent. Les actes de Seydou Zagré pénalisaient le parti. Malgré cela, nous avons toujours respecté la discipline du parti. A son élection, j’étais le seul à m’opposer à son choix pour diverses raisons. Personnellement, cette suspension me réjouit. Tous les militants du CDP doivent s’en féliciter. Cette mesure leur redonnera plus  de confiance".

 

propos recueillis par Cyrille Zoma



18/10/2011
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