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Hôpital de l’Amitié de Koudougou Le Service pédiatrique dans toute sa laideur

 

‘’Il faut que vous venez voir dans quel état se trouve le service pédiatrique de l’hôpital de l’Amitié. C’est inconcevable pour une ville comme Koudougou et pour un centre hospitalier régional. Les enfants ne méritent pas qu’on les soigne dans un lieu aussi insalubre’’. Ainsi nous alarmait Corenthin Zan, le dimanche 20 janvier dernier. Il était 19h21. Il nous apprenait que son enfant y était hospitalisé mais qu’il quittait ce centre pour Ouagadougou afin de lui offrir un cadre plus propice au recouvrement de la santé. Mercredi 23 janvier, soit trois jours plus tard. Nous nous sommes rendus à l’hôpital de l’Amitié, plus précisément au service pédiatrique, afin de vérifier de visu, la ‘’confidence’’ de Corenthin. Et ce que nous y avions vu, est indigne et déconcertant. Les bambins méritent mieux.

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 le service pédiatrique du CHR de Koudougou, les conditions y sont difficiles

 

Il est 9h50, en ce mercredi 23 janvier quand nous arrivions au service pédiatrique du Centre Hospitalier Régional (CHR) de Koudougou. Le CHR ou Hôpital de Koudougou a été construit au milieu des années 80 par la République Populaire de Chine. ‘’Quand les chinois étaient ici, les soins étaient excellents et l’hôpital était bien tenu. Mais depuis leur départ, la qualité des prestations a régressé’’, s’est montré nostalgique, Zongo Regma, rencontré un jour aux urgences du CHR. Pour lui, l’hôpital fonctionne comme une clinique, car, avoue-t-il, avant qu’on te prenne en charge, il faut d’abord passer à la caisse. Certes, il y a bien une mission médicale chinoise (de Taïwan) au sein de l’hôpital, mais de l’avis de bien de koudougoulais, cela n’a rien de comparable avec avant. Bref, retour à nos préoccupations du jour. Nous nous fîmes recevoir par Mme  Pauline Kabré/Kaboré, major au service pédiatrique, et lui expliquâmes l’objet de notre présence. Elle nous oriente vers la directrice par intérim du service, Dr Marie Solange Ouédraogo. ‘’Nous sommes des journalistes et souhaitons voir le fonctionnement de votre service et les problèmes que vivent les patients et le personnel, car des plaintes sont parvenues jusqu’à nous’’, lui avions nous expliqué. Elle nous donne l’autorisation de faire notre travail. Ainsi autorisés, nous passâmes de salle en salle, et nous y avions vu des choses pas belles.

L' état d'un lit d'hospitalisation à la pédiatrie

 

Salle N° 7. Par hasard, nous décidions de commencer notre ronde par celle-ci. Huit (08) enfants se partagent les sept lits disposés dans cette salle. Les mères, pour certaines, partagent le lit avec leur rejetons. Deux bébés sont même placés sur la même couchette. Plus tard, au fil de notre tournée, nous constaterons que cette situation n’est pas un cas isolé. ‘’Nous n’avons pas le choix. On n’a pas suffisamment de lits ni de matelas. Et ceux dont on dispose sont en mauvais état’’, nous lance une infirmière, devant notre ébahissement. En effet, dans presque toutes les salles, les lits qui sont pourvus de matelas sont brinquebalants et grinçant à souhait. Et que dire des matelas eux même ? Défoncés, sales, usés jusqu’au chiffon. Dans une des salles, des matelas ont perdu leur toile au deux ou trois quart. Nous n’étions pas au bout de notre étonnement. Dans la salle 8, on n’a trouvé mieux que de couvrir le matelas avec un vulgaire sac, du genre dont on se sert pour conditionner la céréale. Et dessus, est assis un enfant d’à peine cinq ans. Inimaginable ! Les salles 5 et 4 connaissaient les mêmes pléthores de patients par rapport au nombre de lits disponibles. Et les occupants de ces salles, qui peuvent piquer de petites sommes avec les nourrissons sur les lits d’une place, sont mieux lotis que ceux de la salle 3 garnie que de petits lits pour bébés.

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 cet enfant est placé sur un matelas couvert d'un sac d'emballage

 

 

Inconfort et insalubre

La salle 6 n’a que quatre lits dont deux petits. Quatre malades se partagent ces couchettes. Mais les jours d’avant, il y avait plus de patients. ‘’Nous sommes là depuis trois jours. On était deux sur ce lit, mais d’autres y étaient à trois. Ça va maintenant car, hier on a libéré certains. Ce qui fait qu’on a un peu plus de place’’, nous confie un dame, serrant dans la main gauche le bidon de sérum qu’elle maintient levé afin de permettre l’écoulement du fluide. Car, bonnes gens, dans la plupart de salles, les potences font défaut. De nombreux parents sont obligés de tenir les bidons de sérum et les maintenir en l’air. C’est dire l’inconfort dans lequel se trouvent mes parents. Et à cela s’ajoute l’insalubrité ambiante qui règne dans les salles d’hospitalisation. Du reste, la responsable par intérim de ce service, Dr Marie Solange Ouédraogo, nous a confié qu’en un an de présence, ce service n’a jamais été désinfecté. Chose qu’elle juge inadmissible. Cette insalubrité et cet inconfort, il est loisible d’en faire le constat. Car comment comprendre qu’un service sanitaire, avec la prolifération des germes et des microbes, puissent taper un an sans une désinfection totale des locaux, avec en sus des lits sans matelas, des matelas sans housse, le chiffon nu, s’effritant et noir de crasse ou couvert de sacs d’emballage ? C’est dire les risques d’infection dont sont exposés les agents traitants, les malades, les accompagnateurs et les visiteurs. ‘’Les problèmes que nous vivons ici, les patrons et les autorités sont au courant. Votre reportage ne pourra rien changer. Ils viennent chaque fois nous demander de recenser nos besoins. Nous le faisons et ils ne font jamais rien’’, s’étouffe de colère une infirmière, refusant catégoriquement de nous dire son nom ou de se laisser photographier car ‘’je ne veux pas de problème’’, prévient-elle. Elle a ajouté que l’absence de service social fonctionnel fait que souvent, les agents regardent souvent souffrir des enfants et leurs parents incapables d’honorer les ordonnances qu’on leur tend. ‘’Ici, on n’a pas l’impression d’être dans un service de santé. Figurez-vous qu’on n’a pas de toilettes. Ni pour les malades, ni pour le personnel. Pour un besoin pressant, on s’attrape un petit coin discret afin de se soulager’’, nous compte un stagiaire. ‘’Pour nous les filles, on est obligée de regagner la maison ou de serre les cuisses’’, renchérit une stagiaire.

ce bébé reçoit son soluté tenu par ses parents sur un lit sans matelas

 

 

On démocratise à qui mieux-mieux … germes et maladies

Cette scène que nous avions vécu ‘’en live’’ dans la salle 6 est illustratif du danger que représente le fait de mettre plusieurs malades sur le même lit. Alors que nous photographions Diemé Catherine partageant, avec son garçonnet de 14 mois souffrant de diarrhée et vomissements, un lit d’une place avec une autre femme et son enfant, le bébé de cette dernière se met à pisser et c’est Diemé Catherine qui reçoit les urines. Elle nous prend à témoin et précise que c’est chaque fois ainsi. Soit c’est elle qui est mouillée soit c’est son bébé. ‘’Je n’apprécie pas cet état de fait. Mais comme je n’ai pas le choix, je fais avec’’, soupire-t-elle. Alors des enfants hospitalisés à deux ou trois sur le même lit, de petite taille de surcroit, avec des pathologies différentes, on ne peut trouver meilleure astuce pour ‘’démocratiser’’ les maladies (lire interview du Dr Marie Solange Ouédraogo). ‘’Maintenant même ça va. Pendant la période de méningite ou pendant la saison pluvieuse avec les poussées palustres, nous nous retrouvions avec quatre à cinq enfants pas lits. Dans ces conditions, on rentre avec une maladie pour ressortir avec deux ou trois autres’’, avoue une infirmière qui a préféré aussi garder l’anonymat. Nous avions difficilement refréné nos rires (le lieu ne s’y prêtant pas), quand on avions vu ce couple lancé des invectives au personnel qui les a déplacés d’une salle ou il squattait un lit sans matelas pour les installer sur un petit lit pour nourrisson dans une autre salle. Le bidon de sérum soulevé à bout de bras, le mari, flanqué de son épouse, a ramené le bébé dans la salle, sur le lit sans matelas, le sommier en ressort métallique juste couvert d’un manteau, sûrement appartenant à l’homme. Devant notre étonnement, il nous explique : ‘’Oui, sur ce lit il n’y a pas de matelas, mais on peut de temps en temps nous y reposer quand on est fatigué. On ne va pas rester tout le temps de notre hospitalisation debout qu’à même ? De toute façon, c’est la santé qu’on est venu chercher, pas le confort’’. Comme quoi, contre mauvaise fortune, on fait bon cœur.

 

plusieurs enfants se partagent le même lit

 

 

Alassane Kaboré, venu du secteur 6 de Koudougou avec son garçonnet de neuf mois souffrant de diarrhée et de vomissements, ne tarit d’éloge à l’adresse du corps sanitaire du service de pédiatrie de l’Hôpital, car, selon lui, malgré le manque de matériel, ils sont dévoués et les soins sont bien administrés. Il indexe la mauvaise qualité des lits et estime qu’ils doivent être remplacés. Il faut dire que la quasi-totalité des personnes que nous avons interrogées a apprécié le dévouement et le sens de l’accueil du personnel. ‘’Nous sommes hospitalisés voilà huit jours. Quand ma femme est arrivée avec notre enfant, les soignants ont fait les premiers soins. Quand je suis arrivé après je leur ai remboursés’’, témoigne Abel Yaméogo, précisant qu’il n’a rien à reprocher au personnel de la pédiatrie.

 

pour Alassane Kaboré aucune autorité n'acceptera de mettre son enfant sur de tels lits

 

 

 

 On n’a pas senti le 11 décembre ici

Valentin Maré, administrateur civile ne cache pas sa joie de pouvoir quitter le service pédiatrique de l’Hôpital de l’Amitié. Leur enfant y a été admis le 21 janvier dernier pour diarrhée, vomissements et fièvre. Maintenant au dos de sa mère qui a esquivé l’objectif de notre appareil photo, le bébé, se porte visiblement mieux. Pour Valentin Maré, les salles ne sont pas commodes, sont exigües et vétustes. Ils partageaient leur lit avec un autre patient. Il a trouvé les conditions de séjour très dures. Son souhaite, c’est que l’Etat travaille à décongestionner nos formations sanitaires et permettre au personnel soignant de prester dans de meilleures conditions.

Assis en groupe sous un hangar aménagé pour le personnel et les visiteurs, des élèves stagiaires ne cessent de dépeindre les rudes conditions dans lesquelles évolue le personnel. Une stagiaire ne cache pas sa préférence à travailler dans les zones rurales ou semi-urbaines. Car, selon elle, les conditions et les infrastructures y sont meilleures. ‘’On ne peut pas comprendre qu’un hôpital à vocation régionale dans une ville comme Koudougou, prétendument 3ème ville du pays, ait un service de santé aussi démunie’’, se lamente un stagiaire en 3ème année. Un autre assis à côté insiste : ‘’On n’a pas senti le 11 décembre ici au CHR. Avec les milliards qui ont été investis, rien n’a été injecté à l’hôpital’’. Il dit ne pas comprendre que l’établissement ne puisse pas avoir de simples matelas pour les patients, surtout pour les bébés de la pédiatrie, qui sont très fragiles et peu résistants aux microbes et à l’insalubrité. ‘’Les nourrissons ne méritent pas ça. Et je me demande si les autorités vont accepter coucher leurs enfants sur ces lits’’, fait remarquer Alassane Kaboré.

Valérie Kansolé est élève stagiaire en 3ème année Sage-femme d’Etat. Comme elle, nombreux sont les élèves stagiaires qui se sont prêtés volontiers à nos questions. Leurs motivations, malgré les risques de sanctions ou de tracasseries dont ils se disent conscients de s’exposer, c’est que cela puisse interpeller les décideurs et les bonnes volontés et que les choses changent dans le bon sens. ‘’Les agents de santé font bien leur travail, mais ils ont des difficultés. Les conditions ne sont pas réunies afin qu’ils fassent correctement leur boulot. Les accessoires de traitement manquent. Souvent les soignants cherchent en vain de simples potences pour accrocher les solutés. Des fois, on manque même de gants. Les matelas ont besoins d’être remplacés’’, confie Valérie Kansolé. Sur ce problème de matelas, au cours du bilan de l’organisation du 11 décembre, les responsables des comités national et régional d’organisation ont confié à la presse que les matelas pour les défilants vont coûter 100 millions. Alors 100 millions pour assurer le confort de grandes personnes juste pour quelques jours. Est-ce la mer à boire que de doter le CHR  de Koudougou de quelques dizaines de matelas pour la survie des patients ? A cette conférence de presse, on nous apprenait que les matelas sont toujours entreposés à Koudougou et que leur déplacement à Dori, qui doit abriter le 53ème anniversaire de l’indépendance coûtera encore de gros sous. Alors si on retirait quelques couchettes pour un service public, ça compromettrait la fête à Dori ?

 

le robinet du lavabo de la salle de garde, abîmé coule depuis plusieurs jours

 

 

Dans tous les services c’est presque pareil

Frédéric Kaboré, élève stagiaire en 3ième année IDE, a fait son stage dans presque tous les services de l’Hôpital de l’Amitié de Koudougou. Il est mieux enclin pour donner un aperçu général des conditions d’administration des soins de santé. Mais son témoignage tend à prouver que les conditions exécrables du service de pédiatrie ne sont pas un cas isolé. ‘’J’ai fait deux mois au niveau de la chirurgie et les infirmiers rencontrent beaucoup de difficultés dues, entre autres, à l’absence des produits de premières nécessités. Souvent, les ambulanciers envoient des accidentés ou des malades en état critique et il n’y a rien pour administrer les soins d’urgence. Des fois, pour des gants, du coton ou de l’alcool, on est obligé de prescrire. En médecine  générale, il manque le plus souvent le matériel de première nécessité’’, raconte Frédéric Kaboré. Ces craintes, concernant la pédiatrie, c’est qu’à partir du mois d’avril, les agents ne soient obligés de mettre trois, quatre ou cinq enfants par lit. Ce qui du reste arrive souvent en ces périodes, selon certains agents. ‘’Les enfants n’ont pas les mêmes infections. Alors s’ils sont plusieurs sur le même lit, avec des infections différentes, ils risquent de se contaminer mutuellement’’, fait-il remarquer, dénonçant le fait que des enfants meurent par manque de sang pour la transfusion. Il interpelle les autorités à jeter un regard aux problèmes de dénudement des formations sanitaires car, insiste-t-il, ‘’c’est parce-que lorsqu’on est en bonne santé, qu’on peut travailler à développer le pays. Les patients nous accusent de ne pas vouloir nous occuper d’eux, alors qu’en réalité, on n’a pas le minimum pour intervenir’’.

 

selon Valentin Maré, leurs conditions de séjour ont été dures

 

 

Le 24 janvier, nous avions pris contact avec le directeur général du CHR de Koudougou, Tadjoa Yonli. Bien que nous ayant reçu, le DG du CHR a estimé que nous devrions d’abord venir le voir avant de réaliser notre reportage. Au tout début, il nous a demandé si nous étions sûrs qu’il y a des lits sans matelas ou des patients à deux ou plus sur le même lit. Nous lui avions confirmé l’information et lui avions même précisé avoir fait de photos. M. Yonli nous a presque reproché d’être allés faire des photos sans passer d’abord le voir. Il nous a dit que si nous voulons qu’il réponde à nos questions, nous devrions d’abord lui soumettre un questionnaire. Sur ces entrefaites, nous avions préféré prendre congé en estimant à notre fort intérieur que la nature de notre reportage, ne nous permettait pas une telle démarche. Quoi qu’il en soit souhaitons que le problème soulevé dans ce reportage soit bien cerné et qu’on travaille à y trouver des solutions, pour le bonheur des patients, mais aussi du personnel qui, aux dires de la majorité des personnes rencontrées, s’échinent à donner le meilleur d’eux même dans des conditions de travail, malheureusement, lamentables.

 

 

 

‘’Je n’accepterai pas, moi-même, me coucher sur ces lits’’

Dr Marie Solange Ouédraogo

 

Directrice par intérim du service de pédiatrie du CHR, depuis janvier 2012, Dr Marie Solange Ouédraogo s’est prêtée volontiers à nos questions. Elle-même avoue qu’elle ne savait pas, avant son arrivée à Koudougou, qu’on puisse administrer des soins de santé dans une promiscuité aussi impropre et dégarnie du minimum.

 

 

Dr Marie Solange Ouédraogo directrice par intérim du service pédiatrique du CHR

 

  • Pouvez-vous nous décrire un peu les conditions dans lesquelles vous et vos agents travaillez ?

En premier, il y’a une insuffisance criarde de personnel. Certes, en cette période, c’est assez calme. Mais pendant celle du palu ou de la méningite, où on atteint souvent des effectifs de 80 à 90 patients, avec un tel nombre de personnel, on n’arrive pas à assurer les traitements dans de très bonnes conditions. La médication de plusieurs malades ne sera pas correctement  respectée parce que le personnel n’aura pas eu le temps de passer sur chaque malade. Vous avez vu la salle d’urgence ? Il n’y a pas grand-chose. Les agents n’arrivent pas à faire même le simple pansement parce qu’il n’y’a pas le nécessaire. Les médications d’urgence sont souvent en rupture. Si bien que si quelqu’un vient avec son enfant dans un état critique, qui exige des solutés d’urgence, on est impuissant, car le service en est dépourvu. On est résolu à lui prescrire une ordonnance et il fera le tour de la ville pour s’en procurer, avec les conséquences que cela peut engendrer. Hormis cela, les patients vivent dans des conditions désastreuses. La literie est vraiment défectueuse, les salles sont exigües et il n’y’a pas assez de place. On est souvent obligé de coincer plusieurs malades par lit. Même la literie sur laquelle on pose les enfants, si moi-même, on me dit de me coucher dessus, je ne vais jamais accepter, je préfère même me coucher sur le sol. On n’a pas le choix, c’est ce qu’on a. On nous a dit de faire avec en attendant qu’on soit doté prochainement. Mais quand ? Je n’en sais rien.

  • Ces conditions d’hospitalisation constituent-elles des risques pour les enfants ?

Il y a tous les risques possibles. Avec l’insalubrité qui règne, chaque malade qui séjourne est susceptible d’attraper les pathologies, ce qu’on appelle les infections nosocomiales (infections qu’on attrape en séjournant dans un centre hospitalier) et ces pathologies sont encore plus graves parce-que ce sont des agents parasitaires et microbiens qui sont encore plus résistants. Ayant séjourné dans un établissement sanitaire, avec tous les désinfectants qu’on utilise, ceux qui survivent sont encore plus résistants aux antibiotiques. Il y a aussi les risques de contagion à d’autres enfants, par ceux qui ont une maladie infectieuse. On a de salles d’isolement pour les cas de méningite et autres. Mais en attendant qu’on puisse faire ce diagnostic et placer des patients dans de salles d’isolement pour les cas infectieux, tout le monde est mis ensemble. Il y’a des retards dans les examens avec tout les risques que cela peut entrainer. Le personnel est aussi fortement exposé. Tenez, la période de méningite passée, on a fait toute la période et aucun agent n’a eu un vaccin contre la méningite. On nous a juste distribué des gans avec des bavoirs et c’est tout.

  • Un appel à adresser à la population et ensuite aux autorités ?

Il faut que les gens évitent les retards à la consultation. Les gens restent à la maison, font l’indigénat et le plus souvent ils nous arrivent dans des états vraiment avancés. C’est très difficile avec les moyens qu’on a de pouvoir récupérer ces enfants. Il faut aussi que les gens aient le réflexe d’aller d’abord dans un centre de santé, car ici au CHR, c’est un centre de référence. Nous recevons les cas graves que ces centres n’arrivent pas à gérer. Si tout le monde doit venir d’office ici on n’arrivera pas à s’en sortir. En plus, quand on réfère quelqu’un ici, il faut que la personne vient immédiatement, car ça veut dire que le mal est grave et nécessite une prise en charge diligente. Côté autorités, elles connaissent déjà nos revendications. On a déposé des plates formes revendicatives lors des différentes grèves. C’est vrai que la population nous reproche de délaisser les centres pour faire grève. Mais nous sommes aussi des êtres humains. Nous avons été formés pour travailler dans des certaines conditions. Si le minimum n’est pas réuni, on ne peut pas faire du bon travail. On ne revendique pas seulement pour nous, mais pour toute la population. C’est en étant dans de bonnes conditions qu’on peut bien travailler pour la population.

 

 



08/02/2013
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